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Un jeu video en apnée

Pour ce nouveau numéro de nos Guest Curaterz, nous accueillons Philippe Valette, auteur de l'excellente bande-dessinée George Clooney, une histoire vrai. Apres deux volumes des aventures du super-héros au double cheese, Philippe prépare en ce moment son prochain ouvrage, toujours aux Editions Delcourt.
 

Piège en eaux troubles

Votre radio est morte, vous n’avez plus de vivres, et les machines vous observent. Ah, et vous êtes sous l’eau. Un conseil : préparez-vous à courir.

SOMA est le dernier-né du studio indépendant Frictional Games, auquel on devait déjà la trilogie Penumbra et le très renommé Amnesia : The Dark Descent. Dès ses débuts en 2007, ce petit studio suédois a su rafraîchir le genre du survival horror, en y introduisant la mécanique simple et angoissante du “hide and seek”, reitérée dans ce titre : le joueur parcourt des environnements glauques et claustrophobiques, sans arme, à la faible lueur de sa lampe-torche.

Pour progresser dans l’histoire, vous devez résoudre différentes énigmes, souvent sous forme de machines à réactiver ou d’objets à récupérer bien trop loin de votre zone de confort. Dépourvu(e) de moyen de défense face aux dangers qui vous entourent, vous ne pouvez que fuir et tenter de vous cacher dans un coin sombre, en priant pour que l’intelligence artificielle possède une ligne de code l’incitant à lâcher l’affaire au bout d’un moment.

Au-delà de ce principe de jeu singulier, SOMA brille par sa narration. Ici, vous errez dans une base scientifique sous-marine, poursuivi par une créature tentaculaire qui s’est répandue à travers tout le réseau informatique. Sans trop en dévoiler, l’intelligence artificielle et la relation entre le corps et l’esprit sont au coeur de ce titre.

Comme une mise en abîme de notre condition de joueur, le personnage que vous incarnez n’est que la copie d’une conscience uploadée dans un nouvel avatar, qui tente de trouver du sens dans ce que les disparus ont laissé derrière eux (photos, correspondances, enregistrements, notes...). 

Les mécaniques sont simples mais rodées, et le design sonore et les graphismes extrêmement soignés viennent parfaitement prêter main forte aux thématiques angoissantes, questionnant les notions d’identité et d’humanité.

Car au terme de SOMA, une question se pose à nous : qu’est-ce qui est le plus flippant, être poursuivi par une entité cauchemardesque, ou se rendre compte que nous ne sommes qu’une conscience emprisonnée dans une machine ?

Jouer à SOMA (Steam PC et Mac, prochainement PS4)
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