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Néosanté hebdo
mercredi 02 mars 2016

Stop à la mode morbide

portrait de Yves RasirComme je le disais la semaine dernière, j’aime lire la presse : malgré tous ses défauts et toutes ses fausses infos,  elle m’apporte fréquemment de quoi mieux comprendre l’actualité et la société.  Mieux : il arrive souvent qu’elle réponde aux questions que je me pose intérieurement. Il suffit que je demande un peu de lumière à l’univers, et la clé d’un mystère me parvient quelques jours plus tard via un journal,  la radio ou la télé.  Je l’ai encore vécu la semaine dernière : en voyant un défilé de mode au journal télévisé,  je me demandais pourquoi les mannequins ne souriaient jamais. Pourquoi diable les top-modèles font-elles une tête d’enterrement lorsqu’elles présentent les collections de grands couturiers ?  Elles font un job facile et bien payé, mais elles donnent l’impression de pratiquer le plus moche métier du monde. S’il est vrai que serrer les mâchoires demande plus  d’effort musculaire que le sourire,  les pauvres doivent être complètement vannées en fin de journée !

C’est dans un article du quotidien Le Monde que j’ai trouvé la solution de l’énigme : en se figeant les zygomatiques, les jolies filles des défilés ne font qu’obtempérer aux consignes de leurs employeurs.  Dans cet article du cahier « Science & Médecine », un sociologue français rend compte d’une thèse de doctorat présentée à l’Université d’Amsterdam. Celle-ci repose sur l’analyse de 13 353 photographies de mode publiées entre 1982 et 2011 dans dix magazines de quatre pays différents. La chercheuse néerlandaise a relevé que la majorité des images exprimaient la tristesse ou la mélancolie et elle a  identifié, au terme de son travail,  trois raisons à l’absence de sourire. La première, c’est qu’il est démodé d’afficher bonne humeur et plaisir de vivre.  En trente ans ans, le sourire a été progressivement remplacé par la mine sérieuse et la moue boudeuse. Aujourd’hui, il n’est plus du tout tendance, voire totalement ringard ! La deuxième raison, c’est que le sourire est associé à une certaine… vulgarité. L’ auteure de l’étude a en effet découvert qu’il était plus fréquent dans la presse populaire que dans les vrais magazines de mode et les mensuels féminins de luxe, d’où il a été évacué. L’effacement du sourire va  donc de pair avec une recherche de classe et de distinction.  Tirer la tronche, c’est être  « high fashion ».  Enfin, le troisième élément qui a disqualifié le sourire, c’est que l’air grognon est devenu une marque de professionnalisme.  Dans un magazine comme Vogue, la thèse indique que seulement 13% des mannequins sourient alors que sur le même papier glacé,  la plupart des  célébrités et des personnes ordinaires  « smilent » et « cheesent » volontiers.  En résumé,  pour le gratin de la mode, le sourire serait une marque d’amateurisme,  un signe d’infériorité sociale  et  une attitude désuète.  Pour preuve : les clichés de mannequins souriantes sont souvent  publiés sous pseudonyme alors que les photos de modèles sombres et ténébreuses sont soigneusement signées comme des œuvres artistiques. Faire la gueule, c’est vraiment le top du top pour les tops !

Ce qui me paraît très révélateur,  c’est que le milieu de la mode a chassé le sourire tout en exigeant des mannequins qu’elles soient de plus en plus minces.  On a  beau le dénoncer, mais le scandale de la maigreur érigée en idéal de beauté est toujours bien présent dans la presse féminine haut de gamme. Je le constate toutes les  semaines dans le supplément  ultrachic de mon quotidien : que de visages émaciés et de corps décharnés, de joues creusées et de jambes squelettiques parmi les professionnelles censées  vanter les vêtements qu’elles portent !  L’anorexie serait donc vendeuse ? Sans doute que oui puisque la haute couture, malgré les protestations et les codes de bonne conduite,  persiste à recruter des mannequins  informes ou filiformes.  Ce qui est très bizarre, c’est que cette mode de la minceur excessive perdure alors qu’elle ne correspond en rien aux goûts masculins : aucun mec n’aimera jamais des fils de fer !  Dans Néosanté, nous avons plus d’une fois fait écho aux recherches menées par la psychologie évolutionniste (évopsy).  Celle-ci a notamment découvert que les canons de beauté n’ont pas  changé à travers les âges et les cultures. Ils sont universels et intemporels !  Certes,  les gracieuse naïades d’antan étaient-elles plus grasses et plus  enveloppées, mais leurs proportions étaient les mêmes que celles des stars adulées au XXème siècle !

Je m’explique :  loin d’être un fantasme moderne et bassement macho, le fameux 90/60/90 (90 cm de tour de poitrine, 60 cm  de tour de taille et 90 cm de tour de poitrine) fait référence à des mensurations harmonieusement équilibrées.  Ce sont des proportions qui reflètent celles du nombre d’or et de sa mystérieuse perfection. À l’époque de Rubens,  on devait tourner plutôt autour des 100 /66/100  parce que la cellulite était bien vue. Et  en Chine, le triptyque esthétique se décline probablement en 60/40/60. Mais en tout lieu et de tout temps, les hommes ont aimé des femmes ressemblant à la bouteille Coca-Cola. Ce que l’évopsy a mis a jour,  c’est que le rapport poitrine/taille/hanches  est aussi – et surtout – un indicateur de santé et de fertilité.  Quand Adam  craque pour une Ève  aussi bien  « roulée »,  c’est parce que son inconscient est séduit par les trois indices rassemblés : une poitrine généreuse témoigne a priori d’une aptitude à donner le sein, une taille fine  d’un statut nullipare propre à la jeunesse,  et un bassin large d’une capacité à enfanter sans trop de difficultés. Autrement dit, ces critères de la beauté féminine n’ont rien de contingent ni de culturel, ils  sont fondés sur l’éternel et naturel attrait des hommes envers des partenaires suffisamment jeunes et saines pour leur donner une descendance. Qu’on le veuille ou non, mâles et femelles humains sont largement guidés par cet instinct reproductif.  Pour ceux qui en douteraient, je renvoie toujours à un excellent ouvrage de vulgarisation de la psychologie évolutionniste, le livre « Pourquoi les femmes des riches sont belles » de Philippe Gouillou.

Si je me suis un peu éloigné du sujet de départ, c’est pour mieux y revenir:  de toute évidence,  la mode encourage des comportements qui n’ont plus rien de biologique. Quand une femme se fait maigrir au point d’aplatir toutes ses courbes et de montrer ses os, elle peut être sûre de ne pas plaire, du moins physiquement.  C’est donc qu’il y a une sorte de « culture de mort » qui est à l’œuvre, une fascination malsaine pour ce qui est contraire au mouvement de la vie et hostile à la fécondité.  Dans ce contexte, on comprend un peu mieux  que le sourire soit simultanément gommé du mannequinat : il colle trop mal à l’intention réelle de ruiner  la beauté féminine sous couvert de la mettre en valeur.  J’appelle donc les femmes et surtout les jeunes filles au discernement : méfiez-vous des top-models trop sveltes et trop peu souriantes pour être belles, et n’achetez pas les fringues que cette mode morbide essaie de vous faire acheter.  De toute éternité,  la beauté séduit par les signes de bonne santé qu’elle exprime. Et le sourire en fait assurément partie.

 

Yves Rasir

 

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Offre de la semaine

Les maladies, mémoires de l'évolution

Evoqué ci-dessus, le livre « Pourquoi les femmes des riches sont belles » a été réédité en 2014. Dans cette troisième édition, Philippe Gouillou a ajouté un chapitre consacré au microbiote intestinal et  à l’influence de cet univers bactérien sur les comportements humains. Nous avons publié cette partie de l’ouvrage dans le Néosanté n° 38 d’octobre 2014. Celui-ci contient aussi un dossier très « biospsycho » » sur la dépression et un article sur les effets pathogènes de la violence éducative. Cette semaine, je diminue de 50%  (2€ au lieu de 4 €) la version électronique de ce numéro.  Comme d’hab’, ça se passe en catégorie « promotion » de la boutique.

disponible sur www.neosante.eu :
Le  numéro 54 (mars 2016) de Néosanté, revue internationale de santé globale.
couverture du numéro 54
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