Copy
envoyer à ses amis
si ce message n'apparait pas correctement, cliquez ici
pour répondre à cet email veuillez utiliser cette adresse : info@neosante.eu
Néosanté hebdo
mercredi 07 septembre 2016

Pas si folle, la folie !

portrait de Yves Rasir

Restons encore, si vous le voulez bien, en compagnie du Dr Georges Ceulemans. La semaine dernière, je vous expliquais que ce chirurgien belge avait fait le constat troublant  que le cancer était très fréquent dans les couvents et dans les prisons.  Et je vous signalais qu’un autre médecin, le Dr Michel Moirot, avait formulé la même hypothèse en la démontrant statistiquement : les religieux cloîtrés développent davantage de pathologies cancéreuses que les autres. Aujourd’hui, je mets en exergue une autre observation interpellante du Dr Ceulemans : selon lui, il y a beaucoup moins de cancers dans les asiles psychiatriques ! Dans son livre de 1987 (Le cancer, pour qui, pourquoi, comment), le chirurgien affirme en effet que les personnes internées pour maladie mentale semblent à l’abri des tumeurs. « En près de 45 années de chirurgie, écrit-il, je ne me souviens pas avoir opéré du cancer un seul des pensionnaires de ces asiles». Un peu plus loin, il soutient carrément que le cancer est totalement absent des établissements où l’on soigne les fous. La folie serait-elle donc une puissante protection anticancer ?

Dans les années 80,  le Dr Ceulemans n’était pas le seul à se poser cette question et à faire ce genre  de déclaration.  Par exemple, le  neurobiologiste Henri Laborit estimait que c’était un fait scientifiquement démontré.  Voici ce que ce que le célèbre savant français écrit dans son ouvrage « L’Inhibition de l’action » paru en 1979 : « N’est-il pas alors curieux de constater que le psychotique, lorsqu’il est établi dans sa démence, lorsqu’il a  dépassé le stade douloureux de son établissement pendant lequel tous les examens biologiques montrent de profondes perturbations, se trouve dans un état normal d’équilibre biologique qui lui permet d’éviter les lésions néoplasiques ? «  (c’est-à-dire les cancers, NDLR). Sans transition, l’auteur certifie ensuite que « toutes les statistiques mettent en évidence la faible incidence du cancer chez les psychotiques ». C’est énorme, et c’est à peine croyable qu’une telle allégation soit passée inaperçue à l’époque. Car si les psychotiques ne font pas ou font peu de cancers, ça signifie a contrario que cette maladie s’installe davantage chez les individus dotés d’une bonne santé mentale. En d’autres termes, ça voudrait dire que le cerveau et le psychisme jouent un rôle majeur dans sa genèse.

Henri Laborit était pleinement conscient des implications gigantesques de ses écrits. Lorsque je l’ai rencontré quelques années plus tard et que je lui ai demandé si, selon  lui, le cancer était une maladie psychosomatique, il n’a pas hésité une seconde pour me répondre affirmativement. Il classait le cancer parmi les affections dont il situait l’explication dans un état de stress accompagné de l’impossibilité de lutte ou de fuite. Chez les rats qu’il soumettait à des chocs électriques en les privant de moyens de s’échapper ou de se battre, la dégradation physique et l’affaiblissement immunitaire pouvaient également se traduire par l’apparition de tumeurs. Et dans le film Mon Oncle d’Amérique, d’Alain Resnais, l’auteur de L’éloge de la fuite postulait clairement qu’il n’en allait pas autrement chez les humains. Chez eux aussi, le stress est puissamment cancérigène ! Mais pour se sentir stressé, encore faut-il avoir conscience de ce qui vous arrive et être capable de ressentir les émotions en rapport. Le grand bénéfice secondaire de la psychose, c’est qu’elle permet précisément de se couper de la réalité et de s’enfermer dans sa bulle. Les fous sont fous,  mais pas si fous que ça puisque leur état les protègerait des chocs émotionnels susceptibles de se somatiser en emballement cellulaire.

Fasciné par l’enjeu, qui est colossal, j’ai voulu vérifier que les propos du Dr Ceulemans et ceux de Laborit étaient confirmés par des études.  Je n’ai pas épluché la littérature scientifique, mais je suis tombé sur une publication (La revue française de psychosomatique) qui a fait ce travail dans son numéro 27 daté de janvier 20005. Intitulé « La folie protège-t-elle de la maladie ? », ce périodique recense un grand nombre de recherches qui ont été faites sur le sujet au siècle dernier.  Conclusion ? Impossible de conclure !  En effet, les résultats sont contradictoires et ils indiquent tantôt une incidence diminuée du cancer dans les asiles, tantôt une incidence similaire aux chiffres de la population générale, et tantôt aussi une incidence accrue ! Les recherches plus récentes ne permettent pas non plus de trancher. Bref, c’est la bouteille à encre. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un scientifique de premier plan comme Henri Laborit y ait vu un liquide limpide et se soit avancé à déclarer que les psychotiques étaient moins exposés aux lésions cancéreuses. La situation aurait-elle à ce point changé dans les hôpitaux psychiatriques ? 

La clé du mystère réside peut-être dans une supputation supplémentaire de Georges Ceulemans : selon lui, l’invulnérabilité des « aliénés » serait due principalement à la robustesse de leurs glandes surrénales.  Il cite même une étude montrant que leur sang contient un taux plus élevé de corticostéroïdes. Or, selon lui toujours, la vigueur surrénalienne est assurée par des stimulations et de petites agressions régulières, notamment le bruit, la lumière et le froid. On peut donc supposer que l’augmentation du confort et l’évolution de l’encadrement ont fait disparaître la protection anticancer des malades mentaux. Mais aussi l’abandon de certains traitements ! Dans son bouquin, le Dr Ceulemans fait en effet l’éloge des électrochocs infligés sous camisole. À ses yeux, cette technique a le don de forcer l’organisme à réagir, et donc pour effet de renforcer les surrénales. Or cette thérapeutique brutale est devenue extrêmement rare durant les dernières décennies. On pourrait en déduire que la vertu anticancer de la folie s’est étiolée en raison de l’humanisation des soins. C’est bien sûr une pure hypothèse de ma part,  qui demanderait à être investiguée.

Ceci dit, Georges Ceulemans ne se borne pas à vanter la bonne résistance physique des pensionnaires d’asiles. Si ces derniers font peu ou pas de cancers, ce serait aussi – et surtout - en raison de leur « indifférence aux agressions psychiques ». Pour rappel, le chirurgien anversois a interrogé ses nombreux patients cancéreux et en a conclu qu’au moins 93% d’entre eux  avaient vécu un choc psycho-émotionnel  dans les mois précédant le diagnostic. Pour les 7% restants, il y aurait oubli ou déni, mais la cancérogenèse débuterait également à la suite d’un traumatisme psychique. Et quel est le meilleur moyen de s’en prémunir ? Devenir fou, pardi ! Avec une longueur d’avance, le Dr Ceulemans a donc imaginé que les désordres mentaux avaient une fonction protectrice, ce que le Dr Hamer (médecine nouvelle) et le Dr Sabbah (biologie totale) ont plus tard formellement énoncé. La différence, c’est que ces deux derniers affirment que TOUTE maladie a un sens biologique en terme de survie. La folie permet d’éviter les somatisations cancéreuses, mais le cancer offre aussi un répit pour surmonter le choc conflictuel originel. Chaque pathologie serait ainsi la parade intelligente du cerveau inconscient face à un « surstress » potentiellement mortel. S’il s’avérait que les personnes dérangées du ciboulot ont effectivement moins tendance à déclencher tumeurs ou leucémies, la porte serait grande ouverte à une profonde mutation des connaissances médicales. N’est-ce pas une perspective alléchante pour les chercheurs ? Comme la semaine dernière, je lance la perche  aux doctorants  en quête de sujet de thèse…..

Yves Rasir

     PS :    Si vous avez aimé cette infolettre, faites-la suivre à vos contacts et/ou partagez-la sur les réseaux sociaux.  Vous pouvez  retrouver et (re)lire tous les numéros de Néosanté Hebdo ( plus de 180 à ce jour) en cliquant ici. Profitez-en pour visiter notre site et faire des emplettes dans sa boutique….


Offre de la semaine

Dans son livre « La vérité sur le cancer que la médecine ne vous dit pas encore » (éditions Néosanté),  le philosophe des sciences Boris Sirbey ne parle pas de Michel Moirot, ni bien sûr du très inconnu Georges Ceulemans.  En revanche, il expose  avec grande clarté les idées du Dr Hamer, ainsi que d’autres théories psychosomatiques du cancer.  Il y explique aussi en quoi la doctrine officielle ne tient plus debout, elle qui réduit la pathologie cancéreuse à une affaire de génétique et de produits nocifs. Cette semaine,  je vous propose « La vérité sur le cancer » à 15 € (hors frais de port) au lieu de 20 €.  Rendez-vous comme d’habitude en catégorie « promotion » de la boutique.

disponible sur www.neosante.eu :
Le  numéro 58 (juillet 2016) de Néosanté, revue internationale de santé globale.
couverture du numéro 59
envoyer à ses amis
pour répondre à cet email veuillez utiliser cette adresse : info@neosante.eu
se désinscrire - s'inscrire