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Néosanté hebdo
mercredi 15 juin 2016

Le stress précède le cancer

portrait de Yves Rasir

Quand donc la science médicale va-t-elle admettre que le stress psychologique n’est pas seulement la conséquence de l’éclosion d’un cancer mais qu’il en  est aussi et - surtout – l’explication causale ?  Ce n’est visiblement pas pour demain puisque seuls les facteurs matériels de risque (tabac, alcool, pollution, malbouffe…) figurent encore et toujours dans le box des accusés. Lorsque la médecine officielle nous parle du rapport entre cancer et psychisme, c’est invariablement pour souligner que le deuxième est affecté par la maladie cancéreuse, et qu’il faut soutenir psychologiquement les patients,  mais très rarement pour se demander si le premier n’aurait pas une origine psycho-émotionnelle. Lorsqu’elle le fait, elle se focalise malheureusement sur les événements stressants et non sur leur ressenti, ce qui équivaut, comme nous l’avons déjà écrit, à chercher  sous le réverbère les clés égarées dans le noir.  Le pire, c’est que certaines études scientifiques apportent  quantité d’indices sur le pouvoir cancérigène du stress.  Mais le déni de cette influence est tel qu’on ne veut même pas les voir !

Illustration supplémentaire de cette cécité volontaire avec une récente recherche pourtant très instructive (*).  Celle-ci a été menée en Suède sur l’ensemble des individus nés et vivant dans ce pays en 1990, soit près de 8 millions de personnes qui ont été suivies pendant 20 ans en croisant différents registres nationaux :  celui des cancers, celui des consultations et hospitalisations, et celui des prescriptions médicamenteuses. L’étude visait à déterminer le taux d’apparition de troubles psychologiques pendant les deux ans ayant précédé le diagnostic et au cours des 10 années suivantes. Bilan de ce fantastique travail ? Il est évidemment sans surprise sur un point :  au cours de la période suivant immédiatement l’annonce fatidique,  les 308.118 Suédois ayant développé un premier cancer entre 2001 et 2009 ont développé beaucoup plus de troubles psychologiques et de pathologies mentales que le groupe témoin. Sans surprise  également, les personnes se sachant atteintes de tumeurs malignes ont consommé davantage de médicaments à orientation psychiatriques (antidépresseurs, anxiolytiques, sédatifs..). Mais ce que cette vaste enquête révèle véritablement, c’est que les cancéreux n’ont pas attendu la sentence pour se gaver de psychotropes  ni pour manifester un mal-être psychique : la hausse médicamenteuse débute un mois plus tôt et l’augmentation des consultations « psy » démarre 10 mois avant le verdict de cancer ! Par ordre de fréquence, la dépression a été le plus souvent observée, suivie de l’anxiété et des réactions adaptatives au stress, comme l’hypertension ou la modification lipidique du sang.

Autrement dit, cette édifiante étude montre clairement que le stress psychologique n’est pas seulement la rançon de la maladie, mais qu’il en est également l’élément promoteur, voire déclencheur. Le fait qu’il survient , non pas plusieurs années avant le diagnostic de cancer, mais au maximum  un an auparavant, ajoute encore du crédit au scénario d’un choc émotionnel suffisamment aigu pour être cancérigène. Qu’on le veuille ou non, cette recherche suédoise corrobore très étroitement les travaux du Dr Hamer sur la genèse psychobiologique des cancers. Hélas, les chercheurs scandinaves sont restés incroyablement frileux dans leurs conclusions. Pour eux, la déglingue psychique des futurs cancéreux est seulement  le signe que le crabe est déjà à l’œuvre dans leurs cellules et qu’ils souffrent probablement de dysfonctionnements corporels qui les inquiètent et les dépriment. Ainsi, les auteurs postulent  hypothétiquement que la « période initiale » de 10 mois « pourrait correspondre au début de la symptomatologie tumorale » et que celle-ci « serait susceptible de retentir sur la santé et le bien-être, notamment dans les domaines psychosociaux ».  Et en fin de compte, l’étude suédoise conclut très banalement que « ces données renforcent la nécessité de prise en charge psychologique en cas de cancer. » Tout ça pour ça.  On démontre l’antériorité du stress, puis on l’escamote – abracadrabra ! -   en supposant qu’il est postérieur à sa manifestation somatique.   L’auto-aveuglement  médical  a encore frappé et  voilà  une  nouvelle occasion manquée de mieux comprendre le cancer. Restent la vérité des chiffres et la possible liberté de ne plus fermer les yeux.

Yves Rasir

(*)  Lu D et coll. : Clinical Diagnosis of Mental Disorders Immediatly Before and After Cancer Diagnosis. JAMA Oncol, 2016,  publication en ligne du 28 avril

PS :Suite à ma lettre de la semaine dernière sur l’imposture des expérimentations animales, mon ami Léon Renard, psychologue et auteur du livre « Le cancer apprivoisé », m’a rappelé que le Dr Michel Moirot (1912-1997)  fut aussi un pionnier à cet égard. Il  fut  le premier à constater que le stress des animaux n’était pas pris en compte dans les laboratoires et que l’évaluation des substances cancérigènes en était forcément biaisée. Pour rappel, ce médecin français fut également un devancier du Dr Hamer en faisant dès 1949 des recherches sur  les rapports cancer-psychisme. Comme son livre « Origine des cancers » n’a jamais été réédité, Léon Renard l’a mis en ligne  en format PDF sur son  site. Pour télécharger gratuitement  cet ouvrage avant-gardiste, il vous suffit de cliquer ici.

 


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