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Néosanté hebdo
mercredi 21 octobre 2015

Arte ou l'art de désinformer

portrait de Yves RasirEn matière de désinformation sur la médecine nouvelle ou la biologie totale, je croyais avoir déjà tout vu. En Belgique comme en France,  et au Québec aussi, journaux et télés ont déjà beaucoup donné dans le préjugé,  la malhonnêteté  et la manipulation du lecteur/téléspectateur. J’en ai moi-même plusieurs fois fait les frais dans le passé, au point que j’ai décidé d’appliquer un principe de précaution : si on me sollicite encore, je ne participerai plus qu’à des débats en direct ou ne répondrai qu’à des interviews avec droit de relecture de mes propos. La méfiance s’impose lorsque les médias conventionnels programment des émissions ou des reportages sur les médecines naturelles en général, et sur la biologie totale en particulier.  La chaîne culturelle européenne Arte allait-elle faire exception avec son film documentaire « Médecines alternatives et cancer »,diffusé vendredi  dernier ? Hélas, non. Je l’ai regardé par acquit de conscience et j’y ai retrouvé les mêmes ingrédients et les mêmes indigences qu’ailleurs. Quitte à passer pour un donneur de leçons, voici mon décodage personnel de ce lamentable moment de télévision. Je l’ai structuré en 9 griefs qui, je l’espère, parviendront aux auteurs de cette mascarade journalistique. Histoire de les inciter à se remettre en question et à  remettre leur ouvrage sur le métier.

1er grief : la méthode de l'amalgame

C'est une technique habituelle : on fait un film qui aborde plein de sujets à la fois et on met dans le même sac des approches très différentes, voire complètement divergentes, qui n'ont en tout cas aucun rapport entre elles. Naguère, la médecine nouvelle et la biologie totale ont été mélangées à de la radiesthésie, du magnétisme et de la guérison à distance. Cette fois, elles étaient plongées dans une soupe composée – entre autres - de galvanothérapie, de noyaux d'abricots, de thérapie par les sons et d'imposition des mains. Pour le téléspectateur, il est dès lors très ardu de distinguer le sérieux et le farfelu. En l'occurrence, la psychosomatique biologique des Dr Hamer et Sabbah n'a vraiment rien à voir avec des pratiques charlatanesques exploitant la détresse d'autrui. Mais la méthode de l'amalgame permet de faire croire le contraire.

2ème grief : le manque d'objectivité

Soyons clairs : l'objectivité et l'impartialité journalistique n'existent pas. Peu ou prou, tous les journalistes du monde pratiquent une profession qui leur permet d'exprimer leurs opinions. Le parti pris est déjà présent dans le choix des infos à traiter, l'angle choisi, les mots employés, la construction du récit, etc. Personnellement, je ne me cache pas d'être une plume engagée et partisane. Mais quand on travaille pour une chaîne de télé publique, financée par nos impôts, on doit faire au moins semblant de ne pas choisir un camp. Dans ce type de structure, les enquêtes menées devraient toujours se faire à la manière des instructions judiciaires, c'est-à-dire à charge et à décharge. Ce n'est jamais le cas quand il s'agit de médecine nouvelle et de biologie totale : les dossiers sont montés uniquement dans le but d'étayer les accusations. Exemple ? Le film d'Arte interroge une plaignante et une association antisectes, mais aucun praticien. Vous trouvez ça normal ? Moi pas.

3ème grief : la technique des images volées

Il y a néanmoins une séquence montrant une thérapeute recevant les deux journalistes en consultation. Cependant, l'un d'entre eux se fait passer pour un patient et il s'agit d'images volées en caméra cachée. Je n'ai absolument rien contre cette technique qui permet de piéger les menteurs et de les prendre en flagrant délit. Mais justement : cette façon de faire devrait rester exceptionnelle et servir uniquement à révéler des délits. Or, ici, il n'y a absolument rien de délictueux à accompagner des malades dans leur recherche de sens. On donne toute fois l'impression inverse en captant des sons et des images « sous le manteau». La technique avait déjà été employée lorsque le Dr Claude Sabbah avait donné, en 2007 je crois, une conférence publique à la Sorbonne : les images chahutées et le son médiocre faisaient croire que les journaleux avaient pénétré la réunion clandestine d'un groupement sectaire. Faux, archifaux !

4ème grief : l'abus de vocabulaire

La secte, c'est vraiment le grand fantasme qui revient comme le monstre du Loch Ness quand il s'agit des docteurs Hamer et Sabbah. Mais comme pour Nessie, personne n'a jamais pu prouver l'existence d'un serpent de mer sectaire. Ni la médecine nouvelle ni la biologie totale n'ont jamais été des organisations structurées avec quelqu'un à leur tête et un troupeau de membres : ce sont des approches de santé et des visions médicales que leurs concepteurs ont simplement enseignées à travers des conférences et des séminaires, ni plus ni moins. Dit-on de la physique quantique ou de la tectonique des plaques qu'elles sont des sectes ? Non. Il est vraiment stupide d'assimiler un système de connaissance à une secte, et indigne de confondre transmission de savoir et entreprise sectaire. Dans le film d'Arte, qu'est-ce qui autorisait leurs auteurs à parler de Claude Sabbah comme d'un gourou profitant de la crédulité d'adeptes ? Rien, absolument rien.

5ème grief : la dissimulation de détails importants

Disqualifier quelqu'un pour ses idées, c'est déjà pas beau. Dissimuler certaines vérités pour bidonner l'info, c'est carrément hideux. Par exemple, le chasseur de sectes proclame que les signalements relatifs à la biologie totale sont de plus en plus fréquents. Les signalements peut-être, car il s'agit de dénonciations aux autorités, faites parfois par de courageux justiciers anonymes. Mais certainement pas les vraies plaintes, lesquelles sont en réalité très peu nombreuses. D'ailleurs, ce sont toujours les mêmes cas qui reviennent en boucle : l'affaire V. en Belgique, l'affaire S. en France. Cette dernière a débouché sur un procès dont le jugement sera bientôt rendu. Ce que le film ne dit pas, c'est que le Dr Sabbah a été blanchi, au stade de l'instruction, de toutes les accusations portées contre lui. Sauf une, relative à des écrits où il avance que tout mal peut être guéri, et qui lui vaut d'être poursuivi pour « publicité mensongère ». Si condamnation il y a, la montagne aura accouché d'une souris. Au demeurant, le cas malheureux au centre de ce procès n'a fait l'objet d'aucune investigation par Arte. Or, d'après mes informations, l'homme décédé d'un cancer de la prostate suivait un traitement à la base de testostérone, ce qui équivaut à jeter de l'huile sur le feu. Cacher ce genre de détails est à mon sens une faute professionnelle : aucune médecine ne pouvait rien pour pareil patient !

6ème grief :l'indignation préfabriquée

Quand des journalistes enquêtent sur la médecine nouvelle ou la biologie totale, il ont une autre obsession : faire dire aux praticiens qu'ils déconseillent le recours à la médecine classique. Or, dans tous les reportages que j'ai déjà visionnés, je n'ai jamais rien entendu de semblable : les thérapeutes confient seulement qu'ils n'y auraient pas recours pour eux-mêmes, ni pour leurs enfants. Sacrée différence ! Personnellement, c'est également le discours que je tiens toujours : « vous faites comme vous voulez, moi je ne ferais pas ça ». En quoi est-il répréhensible de partager ses convictions personnelles ? Il ne s'agit pas de détourner les patients ou de les inciter à quoi que ce soit, il s'agit seulement d'offrir une réponse qui n'engage que soi. Pour susciter l'indignation, les reporters essaient aussi de démontrer que les médecines incriminées culpabilisent les patients en les rendant responsables de leur maladie. Dans le film d'Arte, un oncologue soutient même que la recherche d'un conflit psycho-émotionnel revient à « cracher à la figure des malades ». Quelle trahison éhontée de la biologie totale ! Soulignant le rôle majeur du cerveau inconscient, celle-ci œuvre au contraire à déculpabiliser la personne en souffrance. Mais aussi à la « dévictimiser » pour favoriser la reprise en mains de sa vie et de sa santé. C'est sans doute ça qui dérange tant : la médecine et le journalisme conventionnels font leur beurre de la victimisation perpétuelle.

7ème grief : l'absence de curiosité

Ce qui me sidère toujours chez des confrères, c'est le manque de curiosité et le manque d'envie de creuser. Il y a quelques années, un journaliste avait filmé une thérapeute hamérienne interprétant un scanner du cerveau à la façon du médecin allemand. Bien que celle-ci réussisse le test et indique correctement l'organe malade sur la seule base de l'image cérébrale – ce qui représente un exploit inouï pour la médecine actuelle et la chamboule de fond en comble - , le reportage ne relevait nullement la prouesse et se poursuivait par une démolition en règle de la lectrice du cliché. Qu'importe si le merle est blanc, on tire sur l'oiseau sans s'intriguer de sa couleur. On passe à côté de la malle au trésor sans oser l'ouvrir ! Dans le documentaire de vendredi, on assiste également à une incroyable incuriosité journalistique : alors que le faux patient est invité à faire le test d'applaudissement pour vérifier sa latéralité, sa consoeur se contente de ridiculiser l'épreuve par ses commentaires. Or, il s'agit aussi d'une découverte capitale du Dr Hamer, à savoir que le stress émotionnel ne se somatise pas au même endroit du corps et n'impacte pas la même zone du cerveau selon qu'on soit gaucher ou droitier. Faire applaudir le patient permet d'affiner rapidement la recherche du conflit à l'origine de son « mal-a-dit ». Par exemple, la cancérisation du sein droit d'une droitière ne renvoie pas à la même problématique que chez une gauchère. À quand cette grande révélation dans un « grand » média ?

8ème grief : l'exploitation de l'émotion

Pour épaissir leur dossier à charge des médecines naturelles, les journalistes de télévision ou de presse écrite ont une autre manie, celle de faire vibrer la corde sensible en racontant une tragédie. Celle d'un(e) malade qui a choisi de se soigner différemment, dont l'état a pourtant empiré et qui a fini par mourir, au désespoir de sa famille. Je respecte ça. Je suis moi-même le partisan d'un journalisme compassionnel qui ne néglige pas l'émotionnel : l'intelligence du cœur est parfois bien supérieure à celle logée dans la tête. Mais l'empathie journalistique ne devrait pas pour autant obscurcir la raison. Quand je lis, par exemple, que la biologie totale a tué un patient, je m'interroge : en quoi cette approche peut-elle être mortelle ? Contrairement à de lourds traitements classiques, aucune forme de thérapie verbale ne possède une puissance létale. Jusqu'à preuve du contraire, les maladies ne succombent pas à ce genre d'approche, ni à l'absence de tout traitement : ils meurent de leur maladie. Monsieur S. est mort d'un cancer de la prostate, ce n'est pas la biologie totale qui l'a tué. Il y a à tout le moins un abus de langage qu'on peut comprendre dans la bouche de sa veuve, mais pas dans celle des cinéastes. Du reste, quel est le thérapeute qui peut de vanter de ne pas connaître l'échec ? Si on inculpait tous les médecins classiques dont un patient est décédé, les prisons seraient pleines et les cabinets vides. Dans les hôpitaux, on pourrait filmer des millions de tragédies humaines semblables à celles montées en épingle pour dénigrer les médecines douces. Comme tant d'autres, le docu d'Arte exploite l'émotion au détriment de l'information.

9ème grief : la tromperie sur la marchandise

Le plus drôle pour la fin : à l'entame de leur reportage, les deux auteurs se présentent comme des journalistes scientifiques qui vont « enquêter sur l'industrie du cancer » (Sic). Mais de qui se moquent-ils ? En l'espèce, ils ont juste effleuré quelques médecines alternatives dont ils voulaient dénoncer le manque d'efficacité et les dérives vénales. L'industrie du cancer, c'est celle qu'a courageusement dénoncée la cancérologue Nicole Délépine, avec l'omnipotence des labos pharmaceutiques, la dictature des protocoles et l'imposture de nouveaux traitements qui n'ont d'innovant que leur scandaleux surcoût. Ce commerce lucratif-là, Arte prend bien garde de ne pas y toucher ! Une enquête ? C'est aussi une tromperie sur la marchandise. À vue de nez, ce travail n'a pas dû demander plus de deux semaines, un mois à tout casser. Or, la chaîne franco-allemande a l'habitude de financer des investigations beaucoup plus longues. Pour le réaliser, les auteurs n'ont visiblement compulsé aucun document ni lu aucun livre. Ils ont juste servi la soupe aux interlocuteurs officiels habituels. Et ils ont voyagé pour justifier leurs notes de frais. Diffuser un tel « produit » sur une chaîne de qualité, c'est déjà tromper le téléspectateur….

En guise de conclusion

Ce coup de gueule en 9 griefs pourrait laisser penser que je suis définitivement fâché avec les médias conventionnels. Erreur : je maintiens toujours ma politique de la main tendue. Depuis plus de 10 ans, j'ai pris contact en Belgique avec la plupart des journalistes ayant craché des dents sur la médecine nouvelle et la biologie totale. Je l'ai fait aussi avec quelques plumitifs français. Ma démarche était de leur proposer de se rencontrer à mon bureau pendant deux heures, à portée de main de ma bibliothèque. Si, à l'issue de cette rencontre, ils pensaient la même chose qu'en entrant, je leur payais un resto de leur choix, même triplement étoilé. S'il avaient changé d'avis et éprouvaient un intérêt sincère pour les travaux du Dr Hamer, c'était à eux de régaler. Avouez que le risque financier était mince pour eux: ils pouvaient toujours jouer la comédie du scepticisme et me laisser payer l'addition. Mais bizarrement jamais aucun d'entre eux, même pas des ami(e)s de longue date, n'a jamais relevé le défi et répondu à mon invitation confraternelle. Elle tient toujours, même pour ceux qui ont commis ce film calamiteux qui m'a mis en rogne…

 

Yves Rasir

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