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Meubles et objets d'art du XVIIIe siècle

L'interlude de la Galerie
Les essences de bois exotiques
 
L’ébénisterie se distingue de la menuiserie en ce qu’elle emploie le bois en placage, sur un bâti. Ce placage peut prendre la forme d’une marqueterie composée de pièces juxtaposées formant un motif ou de feuilles recouvrant uniformément toute une surface. Le terme est issu de l’ébène, bois exotique, dur et noir employé dès le Moyen Âge pour les objets précieux puis sous la Renaissance pour le mobilier. Cette essence importée étant coûteuse, les menuisiers eurent l’idée, en s’inspirant de la technique de l’intarsia – technique italienne développée sous la Renaissance, visant à incruster des matières précieuses sur un bâti – de découper l’ébène en lamelles pour le plaquer afin de l’économiser. Une nouvelle technique et un nouveau métier étaient nés. Au XVIIIe siècle, ce bois très sombre fut ensuite remplacé par d’autres plus colorés.
La majorité des bois de placage employés est représentée par des essences exotiques, offrant plus de possibilités de couleurs et d’effets que les essences que l’on trouve en France, dites indigènes.
Ces bois exotiques proviennent d’Amérique et des Antilles, riches en forêts, mais aussi d’Asie et des îles de l’océan Indien, importés par les différentes Compagnies des Indes. Les couleurs ont pour origine la concentration et la nature des tanins, le veinage quant à lui varie selon la croissance de l’arbre, selon sa réaction aux attaques extérieures et peut résulter d’anomalies naturelles.
Alexandre-Jean Noël (1752-1834), La pointe de l’île de la Cité, vue du port Saint-Nicolas, vers 1780, Paris, Musée Carnavalet (inv. P244)
Le bois arrivait à Paris sous l’aspect de billes, tronc débarrassé de son écorce et prêt à être découpé en planches, sur le port Saint-Nicolas à proximité du Louvre. Elles y étaient débitées puis refendues par des ouvriers spécialisés, leur donnant l’aspect de feuilles d’un peu plus de 2 mm. Elles étaient mises à sécher plusieurs années avant d’être utilisées par les ébénistes et aussi par les luthiers.
L’ébéniste choisit les bois en fonction de leurs couleurs et de leurs aspects. S’il évite les parties comportant des nœuds car elles sont fragiles, il profitera des loupes ou des racines pour créer des jeux visuels. Pour accentuer certains effets, il lui arrive de teinter ces bois, obtenant du bleu ou du blanc, contrastant avec les couleurs naturelles des essences, jaune, rouge ou violet. L’aspect de ces bois ayant terni à la lumière, les meubles nous parvenant aujourd’hui ne présentent le plus souvent qu’un camaïeu de bruns et de vert.

Liste des principaux bois de placage employés dans l’ébénisterie
Au XVIIIe siècle, les dénominations des bois sont fondées sur leurs couleurs, leurs aspects ou leurs odeurs, comme le bois « de rose » ou « de violette », ce qui nous rend aujourd’hui difficile leur identification car l’exposition à la lumière a altéré leur état d’origine. De plus, leurs appellations dans les sources de l’époque sont souvent imprécises et diffèrent d’un auteur à l’autre.

Bois d’ébène : essence à l’origine de la technique, l’ébène est un bois noir et dur au grain serré. Différentes variétés proviennent d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie. Il fut employé dès le Moyen Âge pour les objets précieux et à partir de la Renaissance dans le mobilier, connaissant son âge d’or au XVIIe siècle.
 

Bois d’amarante : de couleur sombre violet brun, l’amarante est une variété de l’acajou. Il provient aussi d’Amérique centrale dont la Guyane. 
 

Bois de citronnier : à ne pas confondre avec le bois citron avec lequel il partage la couleur jaune pâle, le bois de citronnier pousse dans le sud de l’Inde.

Bois citron : à l’inverse du bois de citronnier, le bois citron est une essence au grain dur et jaune, que l’on trouve aux Antilles.

Si la distinction entre les deux appellations « bois de citronnier » et « bois citron » est soulignée par le menuisier Roubo dans son traité L’Art du menuisier (1769-1774), la confusion semble avoir régné dans les documents du XVIIIe siècle, pour désigner un bois jaune.
 

Bois de palissandre : différentes variétés de palissandre poussant autant en Amérique, qu’en Afrique ou en Asie, présentent une couleur allant du rose au brun ou au violet. Ce bois dur est parfois confondu avec le bois de rose ou de violette.
 

Bois de rose : caractéristique avec ses rayures jaune et rose, ce bois est très employé en fond, se détachant souvent avec du bois de violette ou de l’amarante. Désignant en réalité plusieurs essences différentes, le bois de rose porte un nom inspiré de l’odeur de l’un d’entre eux.
 

Bois de satiné : ce bois jaune ou rouge provenant de Guyane ou des Antilles présente des reflets châtoyants comme le satin ou la nacre.
 

Bois de sycomore : variété de l’érable poussant dans les régions européennes, ce bois très clair présente un grain fin avec des reflets jaune. Il était souvent teinté par les ébénistes.
 

Bois de violette : lorsqu’il est fraichement découpé, ce bois du Brésil possède une teinte violette d’où son nom. Sa couleur est aujourd’hui altérée en brun sur les meubles anciens.
 

Bois d’acajou : de couleur brun-rougeâtre, l’acajou est le bois le plus employé sous Louis XVI, massif ou en placage. Il provient des Antilles, d’Amérique centrale et d’Asie du Sud-Est. Il est apprécié pour ses aspects laiteux, flammé, moucheté ou roncé et peut être verni ou poli.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel
interlude !

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