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Mairie de la Celle Saint-Cloud
Avril 2015


Saison culturelle
2015/2016


Histoire & Patrimoine n° 29 

L'édito

Nous avons le plaisir de vous faire parvenir cette lettre afin de vous tenir au courant de l’actualité du service, de ses offres culturelles et vous faire découvrir la richesse des fonds que nous conservons.

La lettre d'information « Archives et Patrimoine » est éditée par la Mairie de La Celle Saint-Cloud. L'utilisation de tout contenu (image, média ou texte) de cette lettre est soumise à autorisation préalable. Les contenus de la lettre d'information « Archives et Patrimoine » sont donnés à titre informatif et n'engagent en aucun cas la responsabilité de la Mairie de La Celle Saint-Cloud.

En direct des archives

Le bilan de l’année 2014

La réponse à l’enquête statistique annuelle demandée par le Service interministériel des Archives de France a été l’occasion de dresser un bilan de l’activité du service. Celle-ci a été en nette hausse et a permis de mieux faire connaître ses offres.

1 242 personnes en ont ainsi bénéficié : accueil en salle de lecture, conseil dans le cadre de recherches, réponse à des questions sur notre histoire locale, visites libres ou commentées d’expositions, visites commentées de la commune,  « Grande Collecte », classes archives ou lecture de cette lettre…

Nous vous remercions, en votre qualité de lecteur ou de partenaire institutionnel ou associatif du service, pour les relations de proximité et de confiance mutuelle ainsi établies.


 

Zoom sur

De la mare des Bruyères à la Place du Docteur Berthet.

L’article suivant a été coécrit avec Monsieur Laurent Boumendil, Conseiller municipal et membre de l’Association d’histoire locale « Il était une fois La Celle Saint-Cloud ».

La Place du Docteur Berthet, lieu emblématique de la commune, s’apparente à un palimpseste, texte maintes fois réécrit différemment sur une même surface. C’est pourquoi son histoire est particulièrement intéressante.

Extrait de la carte générale de la Paroisse Terre et Seigneurie de La Celle [vers 1739] http://archives.yvelines.fr/article.php?laref=240&titre=carte-generale-de-la

D'abord mare naturelle, cette zone humide est présente dans un environnement naturel riche en bruyères comme l'attestent plusieurs références toponymiques existantes ou disparues (par exemple, la villa des Bruyères, rue de Circourt). Elle était particulièrement importante pour collecter les eaux qui manquaient cruellement sur le plateau du fait de sa situation culminante, proche de 160 mètres. Au début du XXème siècle, son eau était encore réputée potable malgré un entretien des berges et canalisations qui laissait à désirer.

Philippe  définit un tournant important de la destinée de cet étang, aujourd’hui disparu, dans son ouvrage La Celle Saint-Cloud, Cellule d’Histoire, paru en 1979 : « L’Etang Sec, ou mare des Bruyères, situé en surplomb de l’agglomération de La Celle Saint-Cloud, était destiné, dans les plans des ingénieurs de Louis XIV, à recevoir l’eau du plateau délimité par La Celle, Garches, Jardy, Vaucresson et Marne […], grâce à un réseau de rigoles et d’aqueducs.

L’Etang Sec se déversait à son tour dans l’étang du Butard, ou étang Cloud, situé dans le bois des Hubies, par un aqueduc souterrain dont on voit encore la coupe dans la tranchée du chemin de fer, presque à l’aplomb du pavillon. L’étang se trouvait en effet au sud du pavillon, à l’endroit où passe maintenant la voie ferrée. De là, l’eau gagnait, en pente douce, l’étang Marotte avant d’être acheminée vers le Puits d’Angle ».  Ce système était une composante du vaste réseau hydraulique qui servait à alimenter le parc de Versailles et les Grandes Eaux édifiées édifiés pour le plaisir du roi Louis XIV. A partir de cette période, l'Etang Sec et le terrain environnant, deviennent la propriété du Service des Eaux de Versailles, Marly & Saint Cloud.



La monographie de l'instituteur Bresac mentionne que l'Etang Sec est transformé en réservoir vers le milieu du XIXème siècle, afin de multiplier les ressources en eau pour la population.

L’ouvrage de Philippe Lécolier La Celle Saint-Cloud , tome II (Editions Alan Sutton, collection « Mémoire en Images » , 2007), indique, page 46, que « Le jour où la glaise, déposée au fond du bassin, avec l’usure disparaît, l’étang devient sec d’où son nom. Après 1919, deux ou trois années de suite, le feu d’artifice du 14 juillet est tiré de la Place de l’Etang Sec ».

Un marché s’y tient depuis plus de 88 ans. L’une de ses premières mentions figure dans un compte-rendu du Conseil municipal du 17 juin 1927. Son existence avait en effet été contestée : « Monsieur le Maire rappelle, en ce qui concerne l’établissement de marchés publics sur le territoire de La Celle Saint-Cloud, qu’il a cru devoir, au cours de la dernière séance, afin de répondre à certaines critiques présentées par trois commerçants de La Celle Saint-Cloud, demander un complément d’enquête à la commission des marchés, afin de connaître définitivement les emplacements qui semblaient donner le plus satisfaction aux habitants de la commune. La commission des marchés a remis à Monsieur le Maire un registre contenant 90 signatures d’habitants de La Celle Saint-Cloud confirmant la proposition faite par la Commission des marchés. Monsieur le Maire rappelle qu’il s’agissait d’établir un marché sur le lieu-dit du Rond-Point de l’Etang Sec les mercredis et samedis de chaque semaine et sur la place de la Gare [actuelle gare de Bougival], une fois par semaine ».


[vers 1900]

Avec l'arrivée du train, la Celle Saint-Cloud devient un lieu de villégiature qui permet aux habitants de Paris de prendre le bon air de la campagne. Le Rond-Point de l'Etang Sec s'anime particulièrement le dimanche. Deux ginguettes s'établissent au tournant du XXème siècle et animent ce quartier qui comprend moins d'une dizaine de maisons. Le Parisien en goguette y croise le jardinier venu flâner autour de l'étang. Les élégantes avec leurs ombrelles arrivent de la gare en calèche.

Il y a d'abord le Restaurant de l'Etang Sec tenu par la famille Callac. Drôle de destinée pour cette bâtisse qui sera tour-à-tour restaurant, puis hôtellerie, puis clinique, puis maison de gériatrie, puis découpée en appartements. En décembre 1948, cette clinique fera les gros titres de la presse et des actualités filmées. Il s'agit de la première naissance de quadruplés en France. M. et Mme Doré et leurs 4 bébés-vedettes sont toujours visibles sur le site des archives filmées de la Gaumont.

La deuxième guinguette s'appelle La Celle les Bois, face à l'étang. Plus tard, elle portera un nom connu de tous; La Cabane. Plus de 100 ans plus tard, après quelques transformations extérieures et intérieures, cette maison accueille toujours des clients pour leur faire découvrir des plats exotiques.


Son rôle de collecte des eaux

D’autres usages de cette place et le remblaiement de l’étang apparaissent dans une  délibération du Conseil municipal en date du 11 mars 1930 : « Le service des eaux ayant désaffecté l’Etang Sec et construisant un réservoir clos de 400 mètres cubes, la Commission [des travaux] a pensé qu’il y avait lieu de profiter de cette occasion pour revendiquer le maximum possible de terrain, en vue d’une utilisation future par la commune. […].  Après plusieurs rendez-vous avec le service compétent, un projet de concession a été arrêté, qui devrait être ratifié par le Conseil municipal. La Commission pense qu’il y aurait intérêt à l’admettre dès maintenant et pense que l’on pourrait profiter de cet emplacement pour y installer :
  1. Un abri pour les étalages du marché […].
  2. Cet abri pourrait permettre également le rangement de l’outillage des cantonniers et peut-être des pompiers.
  3. Un square pourrait être aménagé avec abri pour les enfants et espaces de jeux […]».
Le projet fut adopté à l’unanimité. La concession d’une partie de l’Etang Sec fut accordée à la Ville par le Service des Eaux de Versailles, Marly et Saint-Cloud  avec « obligation pour la commune de remblayer tout l’étang à ses frais ». La commune récupère une partie des terrains à son profit.

Dès le début du XXème siècle, le rond-point de l'Etang Sec fait partie de la demi- douzaine de lieux publics qui reçoivent le très moderne éclairage public municipal, via un bec de gaz planté au milieu du terre-plein engazonné. Ce bec de gaz se retrouve sur les cartes postales de l'époque.


Photographie panoramique du Rond-Point de l'Etang Sec en 1924 - collection particulière.

Le 14 septembre 1946, le nom de Place du Docteur Berthet fut donné au Rond-Point de l’Etang Sec. Le Docteur Joseph Berthet (1886-1946) fut en effet le dernier médecin de campagne rémunéré par les dispositions de la donation Morel de Vindé. Il se distingua par son dévouement extrême au service des Cellois. Son épouse, née Marguerite Lesage et lui-même étaient disponibles à toute heure et par tous temps dans une petite commune encore partiellement rurale.

Photographie des fiançailles de Joseph Berthet avec Marguerite Lesage, collection particulière [vers 1918].

A ce jour, une petite portion du terrain anciennement occupée par l'étang, reste la propriété de la SEVESC*, digne héritière du Service des Eaux de Versailles. Il s'agit du parking contigu au marché.







*(SEVESC) Société des Eaux de Versailles et de Saint-Cloud

La date

10 décembre 1947 : mise en place de règles d’urbanisme pour la petite ville de La Celle Saint-Cloud (2 843 habitants au recensement de 1946)

Cet arrêté du Conseil municipal nous permet de comprendre la physionomie du patrimoine architectural d’après-guerre et, par déduction, les critères architecturaux et esthétiques antérieurs, qui avaient nécessairement influencé les règles adoptées.













Archives municipales

Il a été pris à la suite du Plan d’aménagement de la région parisienne (Parp) 1932-1941, dont l’un des objectifs était de favoriser l’équipement et l’embellissement de la banlieue. Le plan suivant ne fut dressé par l’Etat qu’en 1960.

Il est établi que « Les constructions nouvelles qui seront édifiées sur le territoire de la commune devront avoir le caractère de villas, cottages, pavillons, à l’exclusion des constructions de la nature ou ayant l’aspect de maisons dites "de rapport"  ou encore l’aspect collectif des anciennes cités ouvrières ».
























Archives municipales

La Ville prend également en compte l’instruction provisoire du Ministère de l’Urbanisme pour l’application des textes relatifs aux permis de construire, devenus obligatoires en juin 1943 :  « Il est recommandé de faire établir les plans par un architecte agréé qui en dirigera la construction en conformité des règlements en vigueur sur les autorisations de construire, ainsi que sur les prescriptions d’hygiène publique, cela en accord avec le présent arrêté. […]. Le dossier sera soumis pour avis par le Maire, avant communication à la Préfecture et avant autorisation ; à une commission d’esthétique dite "commission municipale des sites" […]. Cette commission présidée par le Maire ou son délégué comprendra des membres qualifiés choisis parmi les habitants de la commune, les différents quartiers y étant représentés […] ».
 
Le cahier des charges pour les constructions nouvelles était strict :

« Les constructions ne devront pas comporter plus d’un rez-de-chaussée et deux étages carrés et il ne sera autorisé qu’un seul étage dans les combles. […] Les constructions seront édifiées en matériaux durs. Il en sera de même pour les matériaux de couverture pour quoi le chaume, les bardeaux, la tôle ondulée et le carton bitumé seront à proscrire […].
Les revêtements exécutés en mouchetis, en mortier de chaux, devront être teintés dans la masse ou peints. Les peintures extérieures devront être reprises tous les dix ans. Les surfaces nues de ciment seront bouchardées, smillées [dégrossies au marteau] ou revêtues de peinture silicatée, d’un cailloutis ou de céramiques. […] Les constructions annexes seront exécutées et couvertes avec les mêmes matériaux que la construction principale. […] 
Toute construction telle que : abri, baraque, garage, écurie ou poulailler en bois ainsi qu’en carreaux de plâtre, fibrociment ou autres matériaux de basse-qualité et non durables, est interdite. Cependant le Maire peut autoriser les kiosques de jardins en bois sur présentation du projet ».





















Archives municipales
 
Ce règlement a aussi certainement contribué à la sauvegarde des palissades de bois de châtaignier, caractéristiques de notre commune et toujours visibles dans plusieurs de nos quartiers : « Les clôtures sur la voie publique qui peuvent être montées sur un mur bas ou bahut construit dans les mêmes matériaux que l’habitation devront être seulement des grilles, grillages ou balustrades en fer, bois ou ciment ajouré. Il est interdit d’y poser des volets en bois ou métalliques sauf aux portes, le caractère de cité jardin ou de parc devant être conservé sur toute l’étendue de la commune ».











Archives municipales
 
L’implantation des établissements de commerce et d’industrie était règlementée : « Le territoire de La Celle Saint-Cloud ne contient pas de zone industrielle conformément au Plan d’Aménagement de la Région Parisienne. Y sont seuls autorisés les commerces et métiers utiles aux besoins alimentaires et domestiques et aux constructions dans la commune et les communes limitrophes ». Un paragraphe autorisait aussi « les établissements d’horticulteurs, pépiniéristes ou fleuristes » à condition qu’ils observent les règles d’hygiène publique, ainsi que « les constructions pour orphelinats, maisons de repos ou de santé, établissements éducatifs privés, pensions de famille et hôtels […] ».
 
Le Parc de la Grande Terre se trouve à l’emplacement de la dernière terre agricole de la commune et certains se souviennent encore de l’Hostellerie du Lys dans la Vallée…











Archives municipales

Agenda

L’archive du mois de mars

Quelques vues du château de Beauregard

















Archives Tallandier.




L’archive du mois d’avril
La Celle Saint-Cloud, réserve d’eaux vives pour Versailles



























 
Archives municipales, fonds Loiseleur des Longchamps.
 

A l’attention des enseignants des écoles et des collèges de la commune : les réservations des classes archives et des visites de la ville sont ouvertes

Pour que les archives viennent vous rendre visiter en Mairie, contactez Jasmine Tillam, attachée de conservation du patrimoine. Elle sélectionnera les documents en fonction de vos attentes et vous les présentera avec passion. Toutes les périodes à vos programmes peuvent se retrouver dans les collections.
jtillam@ville-lacellesaintcloud.fr 07 89 51 63 10



Vous pouvez également contacter Marine Prouteau, médiatrice culturelle et guide conférencière nationale, pour faire bénéficier vos classes, à partir du 13 avril, de visites commentées de la commune
mprouteau@ville-lacellesaintcloud.fr  01 30 78 10 93

 


« Rendez-vous aux Jardins », dimanche 7 juin 2015, au Parc de la Grande Terre

Un programme varié vous permettra d’allier la découverte de la nature et de l’histoire de ce lieu.

Venez nous rendre visite pour vous renseigner sur l'histoire de La Celle Saint-Cloud et faire des découvertes passionnantes !

Pour nous permettre de vous préparer les documents, nous vous recevrons de préférence sur rendez-vous au  01 30 78 10 78 ou envoyer un courriel à l'adresse suivante jtillam@ville-lacellesaintcloud.fr

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Rédaction : Jasmine TILLAM, Attachée territoriale de conservation du patrimoine.
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